Attestation d'hébergement ou attestation d'accueil : la confusion à 30 €
Les deux documents portent des noms voisins, mais l'un est gratuit et l'autre coûte 30 €. On les confond tout le temps.
- L'attestation d'hébergement est une déclaration sur l'honneur : vous certifiez loger une personne à votre domicile, à titre gratuit. Pas de passage en mairie, pas de frais. C'est le document que génère cette page.
- L'attestation d'accueil est une procédure en mairie, obligatoire seulement pour recevoir un étranger hors Espace économique européen en visite privée de moins de trois mois. Elle passe par le formulaire Cerfa n°10798 et un droit de timbre de 30 € réglé à l'OFII (voir la fiche Service-Public sur l'attestation d'accueil).
Concrètement : si vous logez un proche français ou déjà titulaire d'un titre de séjour pour une démarche (CAF, banque, carte grise...), c'est l'attestation d'hébergement gratuite. Le mot « accueil » ne sort que pour un visiteur étranger hors UE.
| Critère | Attestation d'hébergement | Attestation d'accueil | Justificatif de domicile |
|---|---|---|---|
| Coût | Gratuite | 30 € (droit de timbre) | Gratuit |
| Où | Rédigée par l'hébergeant | En mairie (Cerfa 10798) | Facture ou bail à votre nom |
| Pour qui | Personne logée gratuitement | Étranger hors UE, visite ≤ 3 mois | Titulaire du contrat |
| Sert à | Prouver l'adresse de l'hébergé | Obtenir un visa de court séjour | Prouver sa propre adresse |
Les 3 pièces à joindre, sinon le dossier repart
Une attestation seule ne suffit presque jamais. Les administrations demandent le trio suivant, qui prouve que l'hébergeant existe, qu'il habite bien là, et que l'hébergé est bien la personne concernée :
- La pièce d'identité de l'hébergeant : carte nationale d'identité, passeport ou titre de séjour en cours de validité.
- Un justificatif de domicile de l'hébergeant de moins de 3 mois : facture d'électricité, de gaz, d'eau, quittance de loyer ou avis d'imposition.
- La pièce d'identité de l'hébergé, la personne pour qui l'attestation est établie.
Le point qui bloque le plus souvent : le justificatif de domicile daté de plus de trois mois. Une facture de janvier présentée en juin fait recaler le dossier. Prenez la plus récente.
Justificatif de domicile : ce qui passe, ce qui recale
Le justificatif de domicile de l'hébergeant recale plus de dossiers que l'attestation elle-même. Toutes les administrations ne retiennent pas les mêmes documents. Voici ce qui passe presque partout, et ce qui se fait refuser.
| Généralement accepté | Souvent refusé |
|---|---|
| Facture d'électricité, de gaz ou d'eau de moins de 3 mois | Facture de téléphone mobile (le fixe et la box passent, le mobile non) |
| Facture de box internet ou de ligne fixe | Tout justificatif de plus de 3 mois, même officiel |
| Quittance de loyer émise par une agence ou un bailleur social | Quittance manuscrite rédigée entre particuliers |
| Dernier avis d'imposition ou taxe foncière | Simple capture d'écran d'un espace client (il faut la facture datée) |
| Échéancier ou attestation d'assurance habitation | Document au nom d'un tiers qui n'est pas l'hébergeant |
Le réflexe qui sauve le dossier : prendre la facture d'énergie la plus récente, au nom de l'hébergeant, et vérifier qu'elle porte exactement l'adresse écrite dans l'attestation. Une adresse « 14 rue des Lilas » sur l'attestation et « 14 r. des Lilas bât. B » sur la facture suffit parfois à faire tiquer un guichet.
Combien de temps l'attestation reste valable
Aucun texte ne fixe une durée unique : chaque administration décide. En pratique, comptez :
- 3 mois pour les dossiers les plus stricts (préfecture, banque à l'ouverture d'un compte).
- 3 à 6 mois pour la CAF, France Travail ou une inscription scolaire.
- Jusqu'à un an toléré pour certaines démarches, mais ne pariez pas dessus.
La règle de sécurité : datez l'attestation le plus près possible du dépôt du dossier. Une attestation rédigée « pour plus tard » et gardée trois mois dans un tiroir arrivera périmée.
Ce que chaque administration attend selon votre démarche
Le nom du document ne change pas, mais l'usage change ce qu'on regarde. Voici les six démarches qui déclenchent le plus souvent une demande d'attestation d'hébergement, et ce qui compte pour chacune.
| Démarche | Ce qui compte |
|---|---|
| CAF / APL | L'adresse déclarée doit correspondre au dossier d'aide au logement. Une seule déclaration d'hébergement par foyer. |
| Ouverture de compte bancaire | Justificatif exigé au titre de la lutte anti-blanchiment : la banque veut l'attestation plus un justificatif au nom de l'hébergeant. |
| Titre de séjour (préfecture) | Le dossier le plus contrôlé. Une fausse attestation ici est une circonstance aggravante de l'article 441-7 (voir plus bas). |
| France Travail (ex-Pôle emploi) | Sert à rattacher votre inscription à une adresse. À refaire à chaque changement de logement. |
| Carte grise | Le certificat d'immatriculation part à l'adresse déclarée : l'attestation doit être au nom de l'hébergeant, pas du titulaire du véhicule. |
| Inscription scolaire | La mairie rattache l'enfant à un secteur : attestation plus justificatif de domicile récent de l'hébergeant. |
Les 8 erreurs qui font recaler une attestation
La plupart des refus ne viennent pas du fond mais d'un détail de forme. Voici les huit qui reviennent le plus, et le bon geste en face.
| Erreur | Ce qu'il faut faire |
|---|---|
| Oublier la date ou le lieu de rédaction | Dater et indiquer le lieu, au jour du dépôt du dossier |
| Coller une signature scannée ou tapée | Signer à la main, à l'encre, sur l'exemplaire remis |
| Joindre un justificatif de domicile périmé | Reprendre la facture la plus récente, moins de 3 mois |
| Écrire une adresse incomplète | Adresse complète, identique au justificatif joint |
| Oublier la mention « à titre gratuit » | Préciser que l'hébergement est gratuit |
| Indiquer une date de début d'hébergement incohérente | « Depuis le [date] » cohérent avec vos justificatifs |
| Confondre avec l'attestation d'accueil | Étranger hors UE en visite avec visa = mairie, pas cette attestation |
| Ne pas joindre sa propre pièce d'identité | Ajouter la carte d'identité ou le passeport de l'hébergeant |
À quoi ressemble une attestation remplie
Le texte tient en quelques lignes. Voici un exemple complet, avec des données fictives, tel que le générateur le met en forme :
Je soussigné(e) Karim Benali, né le 12 mars 1985 à Lyon, demeurant 14 rue des Lilas, 69003 Lyon,
atteste sur l'honneur héberger à mon domicile, à titre gratuit et depuis le 1er mars 2026 :
Leïla Benali, née le 5 juin 1992 à Lyon.
Cette attestation est établie pour servir et valoir ce que de droit.
Fait à Lyon, le 18 juin 2026.
Signature manuscrite de l'hébergeant
Autour de ce texte, on joint la carte d'identité de Karim, sa quittance de loyer de mai 2026 et la carte d'identité de Leïla. Rien de plus : ni bail, ni justificatif de ressources, ni tampon.
Cas particuliers que les modèles génériques oublient
Les modèles en ligne sortent tous le même texte pour un adulte hébergé chez un propriétaire. La réalité déborde souvent de ce cadre. Quatre situations reviennent :
- Vous hébergez un mineur. L'attestation est signée par vous, l'hébergeant. Si l'enfant n'est pas le vôtre, joignez une autorisation parentale des parents en plus de l'attestation.
- Votre carte d'identité est expirée. Une carte périmée depuis moins de cinq ans reste admise pour certaines démarches, mais pas toutes ; la préfecture, elle, exige un titre valide. Dans le doute, présentez un passeport ou un titre de séjour en cours.
- Vous êtes colocataire, pas titulaire du bail. Vous pouvez héberger, mais joignez un justificatif à votre nom (facture, quittance de votre part de loyer). Certaines administrations réclament en plus l'accord écrit du titulaire du bail ou du bailleur.
- Vous hébergez plusieurs personnes. Une attestation par personne logée, chacune avec sa propre pièce d'identité. Pas de liste groupée sur un seul document : les guichets la refusent.
Ce que risque l'hébergeant si l'attestation est fausse
L'attestation d'hébergement engage la responsabilité pénale de celui qui la signe, pas de l'hébergé. C'est l'article 441-7 du code pénal qui s'applique, parce qu'une attestation établie au bénéfice d'un tiers entre exactement dans son champ (Légifrance) :
- Établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts : 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
- Peines portées à 3 ans et 45 000 € quand le but est de porter préjudice au Trésor public ou à autrui, ou d'obtenir un titre de séjour.
Prêter une fausse adresse pour un dossier de préfecture n'est donc pas une faveur anodine : c'est précisément le cas aggravé. Déclarez une situation réelle et gardez de quoi la prouver, la personne vit bien chez vous.
Deux cas concrets : conforme et à éviter
Cas conforme. Karim héberge sa sœur Leïla depuis mars, le temps qu'elle retrouve un logement. Elle doit ouvrir un compte bancaire. Il rédige l'attestation datée de juin, joint sa propre carte d'identité et sa dernière quittance de loyer (mai), plus une copie de la pièce d'identité de Leïla. La banque valide : l'hébergement est réel, les pièces sont récentes.
Cas à éviter. Un propriétaire accepte, contre un loyer non déclaré, de signer une attestation pour une personne qui n'habite pas chez lui, en vue d'un dossier de titre de séjour. C'est le cas aggravé de l'article 441-7 : jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, pour le signataire. Les services croisent les adresses et les consommations d'énergie.
Signature à la main, cadre légal et sources
Le texte peut être tapé et imprimé, mais la signature doit être manuscrite, à l'encre. Plusieurs administrations refusent encore une signature électronique ou une case cochée : imprimez, signez au stylo, datez du jour du dépôt. Joignez l'original si on vous le demande, une copie scannée sinon.
Côté droit, l'attestation d'hébergement n'est créée par aucune loi spécifique : c'est une déclaration sur l'honneur, dont la sincérité est protégée par l'article 441-7 vu plus haut. Le cadre locatif reste la loi du 6 juillet 1989 (article 3) sur les rapports entre bailleur et occupant. Pour un modèle officiel gratuit, référez-vous à la fiche Service-Public « Attestation d'hébergement » et, en cas de doute sur vos droits de locataire ou d'occupant, à l'ANIL.
Sources vérifiées le 23 juillet 2026 : Service-Public (fiches F2191 et R39697), article 441-7 du code pénal sur Légifrance.
Comment créer votre attestation d'hébergement : modèle gratuit en ligne
- 1Sélectionnez « Hébergement » comme type d'attestation dans le générateur ci-dessus.
- 2Renseignez votre identité d'hébergeant avec la mention « je soussigné(e) », votre adresse et le nom de la personne hébergée.
- 3Vérifiez la liste des pièces à joindre correspondant à votre démarche (section plus bas).
- 4Téléchargez l'attestation, imprimez-la, puis datez-la et signez-la à la main.
Questions fréquentes
Non, elle est gratuite : c'est une déclaration sur l'honneur que vous rédigez et signez vous-même. Seule l'attestation d'accueil, réservée à l'accueil d'un étranger hors UE, coûte 30 € de droit de timbre et se demande en mairie.
Trois pièces : la pièce d'identité de l'hébergeant, un justificatif de domicile de l'hébergeant de moins de trois mois (facture, quittance ou avis d'imposition) et la pièce d'identité de la personne hébergée.
Aucune durée légale unique. En pratique, comptez 3 mois pour une préfecture ou une banque, 3 à 6 mois pour la CAF ou France Travail, parfois un an toléré. Datez-la au plus près du dépôt du dossier.
L'article 441-7 du code pénal punit une attestation faisant état de faits inexacts d'un an de prison et 15 000 € d'amende. Les peines montent à 3 ans et 45 000 € si le but est d'obtenir un titre de séjour ou de nuire au Trésor public.
L'attestation d'accueil est une démarche en mairie (formulaire Cerfa 10798, timbre de 30 €) obligatoire pour recevoir un étranger hors UE en visite de moins de 3 mois. L'attestation d'hébergement est gratuite et couvre les démarches administratives courantes.
Oui. Le texte peut être tapé et imprimé, mais beaucoup d'administrations exigent une signature manuscrite à l'encre, avec la date et le lieu. Signez au stylo l'exemplaire que vous déposez.
Oui, locataire comme propriétaire. En colocation, joignez un justificatif de domicile à votre nom et, si l'administration le demande, l'accord écrit du titulaire du bail ou du bailleur.
Oui, l'attestation est signée par l'hébergeant. Si le mineur n'est pas votre enfant, ajoutez une autorisation parentale des parents au dossier.
Oui, une attestation distincte par personne logée, chacune accompagnée de sa propre pièce d'identité. Une liste groupée sur un seul document est généralement refusée.